muzak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" CAN WOMEN BE HAPPY AT NOISY WORK ? Tel était, dans les années 1950, le slogan publicitaire de la compagnie «Muzak». La marque Muzak est créée en 1922 et propose un tout nouveau type de service : la musique fonctionnelle (ou back-ground music). Aujourd’hui, il n’est pas une entreprise– sans parler des espaces commerciaux ni même des espaces de services – qui ne dispose de dispositifs sonores constituant un environne- ment propice à ses finalités économiques et sociales. Comme l’indique le slogan de la Muzak, sa première fonction était de masquer les sons du «travail bruyant», ceux du monde industriel. Curieusement, trente ans après Can women be happy at noisy work? une génération d’artistes ancrée dans la société postindustrielle imagine une nouvelle forme de musique éponyme: la «musique industrielle» ou plus simplement, l’«indus». Alors que la Muzak et autres designers sonores de la société de consommation tendent à gommer les sons de cette industrie, ce mouvement de création entend les exalter. Le slogan Industrial Music for Industrial People forme le pendant de celui de la Muzak. Le chanteur du groupe Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge, explique que l’origine du mot « industriel », se réfère à l’industrie de la musique, à l’industrialisation de notre monde, mais aussi à tous les facteurs qui opèrent sur nous avec ou sans notre consentement, nous inscrivant dans une société de contrôle.

Pour les artistes issus de la musique industrielle, il est question de lutter contre ce contrôle. Revendiquant une « guerre de l’information », le mouvement prête ainsi une attention toute particulière aux techniques de dissémination, de propagande et de publicité dont la Muzak fait partie intégrante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La réflexion proposée consistera à comprendre les différents dispositifs déployés par la Muzak en direction des consommateurs et, en parallèle, ceux deéployés par la musique industrielle. Ces questions seront abordées au travers de la dialectique existant entre ces deux courants musicaux de l'ère industrielle et post-industrielle. Il sera question d’étudier comparativement l’utilisation des supports de diffusion de la Muzak et de la musique industrielle, leurs différentes forces d’évocation, leurs potentiels conformistes ou au contraire subversifs, leurs relations respectives avec l’espace public et le marché, tout en essayant de mettre en relation ces deux intentions artistiques que tout oppose : approcher de près les mécanismes et tactiques d’influence et de contre- influence par la sensation auditive, le son et la musique dans leur dimension sociale. Cette réflexion sur les relations entre la Muzak et la musique industrielle s’étoffe d’un débat pour le moins actuel et profondément post-moderne : Comment utiliser les stratégies des structures du pouvoir, afin de les critiquer, sans sombrer dans le pastiche d’une réalité, devenant ainsi ce qui était censé être attaqué ? Comment se situer entre la complicité et l’opposition ? "

 

2014, publié en 2016 par SILO

 

CAN WOMEN BE HAPPY AT NOISY WORK ?

manuel à l'attention des autideurs distraits

(extrait)